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BRUNO LEYVAL
Journal et autres notes

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Interview pour Le Coin des Desperados · 20 Juil 2021

Interview pour Le Coin des Desperados

Auteure gonzo de la saga Borderline, baroudeuse mystique biberonnée aux bouquins de Hunter S. Thompson, déjantée céleste amatrice de trips intérieurs et de plante de la vision, Zoë Hababou est un sacré personnage ! Elle vient de m’offrir la plus puissante interview de ma vie. Qu’elle soit bénie !

Un Passage entre Deux Mondes : L’interview de Bruno Leyval, par Zoë Hababou :

https://www.lecoindesdesperados.com/blog/un-passage-entre-deux-mondes-linterview-de-bruno-leyval-par-zoe-hababou

India · 18 Juil 2021

India

Écrire pour décrire l’indescriptible. Ineptie. Comment expliquer avec des mots un état de plénitude au milieu du chaos ? L’exercice est impossible, mais le besoin est vital pour comprendre et retransmettre l’improbable voyage intérieur que j’ai vécu en Inde. L’Inde ! L’Inde, envoûtante et mystique, vous emporte et vous balaye comme une feuille au vent. Un tourbillon de couleur, de senteur et de regards transpirants d’humanité.

Passés le choc culturel et la perte de repères, vint la place à l’abandon. Il faut savoir s’abandonner en Inde, s’abandonner à l’Inde, oublier nos réflexes, nos codes et notre vision occidentale pour ne pas basculer dans la folie. Dans la fourmilière chacun à sa place et il y a une place pour chacun… Une place pour Soi. Le regard d’un Sâdhu qui touche votre âme, le regard d’un enfant qui fracture votre cœur, le regard d’un peuple qui d’un hochement de tête vous fait chavirer… Le temps ralentit et les détails deviennent précieux comme des instants figés à jamais : sur un chantier de construction, une femme aux vêtements de safran porte sur sa tête une bassine pleine de gravats, la grâce d’un geste de la main qui vous enivre…

L’Inde vous renvoie à vous-même, à vos contradictions, à vos conceptions, à vos certitudes qui s’estompent dans les méandres de l’impermanence. L’ego est malmené à chaque instant, il se décompose et se brise en mille futilités. Rien ne vous prépare à l’Inde, car l’Inde vous répare, elle soigne votre humanité.

La plume et l’encre · 14 Juil 2021

Écrire pour ne pas se perdre. Écrire pour rester ancré dans la vie. Écrire pour retranscrire des pensées, des émotions brutes.

Combien de peintures et autres dessins qui ne touchent pas au but, qui s’égarent et se dispersent, comme autant de coups d’épée dans l’eau. Il n’y a pas autre moyen que l’écriture pour s’incruster dans la tête d’un homme.

La plume et l’encre

En plein tâtonnement, en marge de tout, écrire pour partir en voyage vers Soi, là où la figuration a profondément épuisé l’esprit et où le miracle de l’abstraction a ressourcé l’âme. Mais elle, cette liberté graphique salvatrice qui me redonne joie au travail, ne suffit pas, ne suffit plus !

Discrète et parsemée, rarement envahissante, inspirante et sous-jacente, l’écriture a toujours été présente dans mon œuvre graphique, elle en est l’essence même.

Souvenez-vous amis d’antan, votre serviteur avait ses habitudes, ses ustensiles du lettré, la plume et l’encre.

Ce sont mes lectures qui ont engendré mes encres passées et toute ma vie les mots ont été plus forts que les images. Les uns entraînent les autres et, en fin de compte, à l’aube de mes cinquante printemps, je ne peux faire autrement que d’accepter cette évidence : ce sont les mots qui, par leurs instantanéités, ont la fulgurance des images.

Au-dessus du vide · 13 Juil 2021

Une grande toile s’impose au centre de l’atelier. La partie supérieure est chargée de signes, de traces et autres griffures automatiques et nerveuses. La partie inférieure résiste encore, vierge et effrontée. C’est une simple association d’idées qui va finir par effacer les traces confortablement installées au-dessus du vide. Attendant l’instant où il n’y aurait plus rien à dire, je griffonne un dernier mot trouvé au hasard en parcourant « La peste » d’Albert Camus.

Silence (des voix, des appels, le silence revenu…)

Le mot de trop qui fait basculer l’ensemble. Le déséquilibre est violent. La peinture blanche finit par recouvrir la surface, comme une rature éclairant les difficultés d’un vocabulaire complexe et fuyant. Si proche et déjà si lointaine… La partie inférieure a gagné.

Au-dessus du vide

Fatigué par cette bataille perdue et submergé par une profonde détresse, je m’égare un instant sur les quelques feuilles qui jonchent le sol de l’atelier – expériences graphiques non abouties et parfois frustrantes, jamais inutiles. Ces dessins semblent nés du hasard, œuvres automatiques et ironiques, matière première à d’autres œuvres en devenir. Ils vont être sacrifiés, déchirés, triturés, puis intégrés à d’autres œuvres qui finiront par les avaler… En silence.

Une bien belle parure · 11 Juil 2021

une bien belle parure que tu as
pour un dernier repas
des perles de couleurs – le rouge et le bleu
renvoient à un artisanat lointain
une sur deux

il te manque quelques plumes
empreintes-les à un oiseau solaire
ou à un rapace diurne
fait donc quelque chose
n’importe quoi

un tatouage !?!

de longues lignes sur ton bras
des lueurs sur ton épaule
symbole sacré qui favorise le dialogue
avec eux, de l’autre côté
n’oublie pas que ce sont des protections
tu pourrais en avoir besoin

c’est ton crâne que voilà, légèrement bleuté
délimiter les orbites avec un crayon gras
du blanc sur du noir, du brun et du rouge
un dessin de revenant

tu préfères les paysages colorés
ils sont plus rares

buddha etcétéra…

Éveille, ô éveille toi ! · 10 Juil 2021

Éveille, ô éveille toi !

Éveille, ô éveille toi ! Dormeur du royaume des ombres, Éveille-toi et respire ! Je suis en toi et toi en moi, En un amour mutuel et divin…William Blake – Jérusalem

Éveille, ô éveille toi !

Éveille, ô éveille toi ! – William Blake, 2020. Encre sur papier, A3